Parti Humaniste International - France

07 février 2016

La France bascule vers le côté obscur

Décrété après les attentats du 13 novembre, l’état d’urgence a donné aux autorités des compétences extraordinaires qui ont été prolongées jusqu’au 28 février : assignation à résidence, perquisition administrative … le tout sans intervention préalable d’un juge, visant toute personne dont le « comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics ».

L’état d’urgence devrait donc se terminer fin février, cependant, le gouvernement a présenté le mercredi 23 décembre 2015 une réforme de la Constitution inscrivant l’état d’urgence dans le texte fondateur de la Ve République. Ce projet de loi indique clairement l’intention du gouvernement : celui de « renforcer de façon pérenne les outils et moyens mis à disposition des autorités administratives et judiciaires, en dehors du cadre juridique temporaire mis en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence. »

Mais pourquoi vouloir inscrire l’état d’urgence dans la constitution ?

Cet acte politique permettra d’élaborer des lois sécuritaires qui comprendront de nombreuses mesures d’exception restrictives des libertés mais qui ne pourront plus être qualifiées comme anti constitutionnelles mais au contraire respectant « les valeurs de la république».

Parallèlement, le gouvernement veut aussi inscrire la déchéance de nationalité étendue aux binationaux nés Français dans un article de la constitution.

En souhaitant retirer leur nationalité à des Français de naissance, le gouvernement se place dans la continuité de la loi du 22 juillet 1940 adoptées sous Vichy en 1940, loi votée par le même Parlement que celui élu en 1936 avec le Front Populaire.

De plus, le gouvernement donne une dimension constitutionnelle à l’idéologie de l’extrême droite et le Front national ou autres despotes pourront élargir le champ des déchéances de nationalité, dès qu’ils arriveront au pouvoir.

Mais pourquoi avoir mis ce thème sur le devant de la scène?

La déchéance de nationalité est la mesure qui attire le plus l’attention alors que la constitutionnalisation de l’état d’urgence recèle des dangers aussi et même plus importants.

Mobiliser les esprits sur ce sujet et non sur l’ensemble du projet de loi constitutionnel semble un sordide calcul politique, pour pouvoir faire passer la constitutionnalisation de l’état d’urgence « en douceur » et positionner le gouvernement pour la prochaine échéance électorale de 2017.

Mais, au-delà de ces petits calculs mesquins, au-delà de l’inefficacité de ces mesures pour assurer notre sécurité, ce projet de réforme de la constitution marque un nouveau pas en avant vers le contrôle de la société.

C’est donc tout le projet de Loi constitutionnelle, tel qu’il a été présenté le 23 décembre 2015, et non seulement la déchéance de nationalité, qui doit être combattu et rejeté par les citoyens.

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15 décembre 2015

Les élections régionales : les guignols ont fait leur show

Ces élections régionales mettent en évidence ce qu’est devenu le paysage politique de la France : d’un côté, le front « républicain » gangréné par le néo-libéralisme ; de l’autre, la monstruosité représentée par le front national qui – avec ses discours élémentaires - devient une référence pour des gens que ce système a mis en situation limite.

 Comme après chaque élection, nos politiques répètent qu’ils nous ont compris. Et certains le font avec une telle force marketing qu’ils pourraient nous redonner l’envie d’y croire.

 Mais rapidement, nous nous apercevons que ces discours de façade cachent une fois de plus les ambitions personnelles de chacun,  au-delà même des ambitions de parti : se préparer à l’élection présidentielle.

 C’est bien la preuve qu’ils n’ont décidemment rien compris ou qu’ils ne veulent rien comprendre. Sont-ils cons ou salauds ?

 Quand tous disent qu’ils doivent trouver un projet pour la France, donner une vision de l’avenir aux français, que cherchent-ils finalement sinon le « nouveau produit » qu’ils vont pouvoir nous vendre !

 Avec un tel mépris et un tel cynisme aux relents de manipulation, qu’ils ne s’attendent pas à ce que la majorité des électeurs, à savoir les abstentionnistes, se ruent  aux urnes.

 Ce comportement discrédite toute tentative de faire de la politique. Et d’ailleurs, tous les mouvements porteurs de solutions voire d’une vision du futur, tous ceux qui font de la « politique véritablement autrement » refusent de collaborer à leur jeu : entrer en politique.

 Nous comprenons bien cette attitude de désertion de la politique tant que celle-ci se résume à de la politique politicienne, sur fond de démocratie formelle et moribonde.

 C’est bien par l'organisation de la base sociale en collectifs locaux autour de projets ou d'idées que le monde changera et non depuis le projet d'un homme aussi inspiré soit-il.

Toutefois, en boudant toute forme d'expression politique - par la construction, par exemple, d'un programme d'actions inspiré non seulement par la dénonciation du système mais avec une vison commune pour l'homme et pour la société, - en boudant cette expression politique, ces mouvements et collectifs ne se privent-ils pas de donner de la voix et de la force à leurs initiatives ?

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21 novembre 2015

JE ME DECLARE EN PAIX

JE ME DECLARE EN PAIX
Non à la guerre d'où qu'elle vienne !
Non à tout type de violence !
Nous ne sommes les ennemis d'aucun peuple ni d'aucune culture !
Nous plaçons l'être humain comme valeur centrale au-dessus de toute croyance, au dessus de l'argent ou de toute autre valeur.
Nous affirmons le droit à une vie digne et à la liberté pour chaque être humain.
Nous soutenons la collaboration et l'entraide entre les peuples.
NON À LA VENGEANCE, OUI À LA RÉCONCILIATION!!!
Nous ne croyons pas aux "Défenseurs du bien" qui sont engagés dans la vente d'armes, qui occupent des territoires, qui génèrent des guerres et bombardent des populations entières.
Nous ne croyons et ne soutenons pas ceux qui abandonnent leur peuple dans des situations de précarité avec leur politique d’austérité.
Nous n'adhérons pas à la peur qu'ils veulent nous imposer à travers leurs moyens de communications complices et manipulés.
Non au terrorisme d’où qu'il vienne.
LES VIOLENTS DE QUELQUE BORD QU'ILS SOIENT NE NOUS REPRESENTENT PAS! NOUS NE COLLABORONS PAS AVEC EUX!
LA NON-VIOLENCE EST POSSIBLE !
Nous demandons à la population de se prononcer contre la guerre, d'où qu'elle vienne et contre la violence de quelque nature qu'elle soit.
Pas de guerre en mon nom !
Pas de violence en mon nom !
JE ME DECLARE EN PAIX !

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Attaques à Paris: Nous n'avons plus le temps. La paix ne peut pas attendre plus longtemps. !

Après les récents attentats, il y aura des jours de deuil et de colère, et la sensation que la violence est gagnante et que la raison a perdu.

Nous entendons les appels de toutes parts à la guerre totale contre le terrorisme, certains déjà appellent à attaquer la Syrie et l'Irak.

En dépit de la profonde consternation que tout le monde ressent face à cette dernière attaque terroriste, nous ne pouvons pas éteindre la lumière de la raison et  nous ne pouvons pas non plus ignorer  le visage tragique de la guerre avec ses terribles conséquences pour tout le monde.

Gardons vivante la lumière de la raison. Nous avons le devoir de lancer un appel dans une direction diamétralement opposée à la logique de guerre, tout en respectant les sentiments de ceux qui en ce moment ont été frappés de plein fouet par cette tragédie.

Nous appelons à  une stratégie qui ne génère pas de dégâts pires encore, mais qui construise plutôt une avancée pour une véritable collaboration internationale qui désactive de façon permanente et globale la logique aveugle de la violence.

Il n'y a pas d'autre chemin si la véritable intention est d'empêcher que les vies des générations futures soeint bouleversées par d'autres guerres.

Nous n’avons plus beaucoup de temps pour répondre à cet appel.

Il n'est plus temps pour des justifications morales au nom de ce qui est à l'origine de terribles dommages à autrui, comme par exemple les guerres considérées à tort  comme nécessaires pour résoudre les conflits.

pas_obligé_de_la_violence.jpgIl n'est plus temps de continuer à essayer de minimiser sa propre violence en la comparant à celle des autres, en s'octroyant par exemple le droit d'utiliser la force militaire simplement pour empêcher la souffrance  qui pourrait hypothétiquement être pire si on n'en faisait pas usage.

Il n'est plus temps de reporter la responsabilité de ses propres actions sur le dos de ceux qui auraient le pouvoir de décider:  Aucun président, commandant, ou dieu ne  peut me forcer à tuer.

Il n'est plus temps de fermer les yeux sur les conséquences de la violence:  Ce n’est pas vrai, par exemple, que les bombardements dits "chirurgicaux", ne frappent pas les populations civiles.

Il n'est plus temps d’essayer de convaincre et de se convaincre que certaines victimes de violence et d'abus sont moins humaines que d'autres.

Il n'est plus de temps d' essayer de convaincre et de se convaincre de blâmer les victimes  pour avoir causé elles-mêmes le mal qu'elles subissent. Il est clair que dans l'esprit de ceux qui ont écrit "La France envoie ses avions en Syrie, les bombes tuent des enfants, et ils doivent maintenant boire le calice jusqu'à la lie", la lumière de la raison a été éteinte. Tout comme elle est éteinte dans l'esprit de ceux qui appellent aujourd'hui  à l'assassinat d'autres êtres humains en Syrie.

Nous n'avons plus  le temps: La paix ne peut pas attendre plus longtemps.

(Article traduit de l'italien venant du site Parti humaniste italien)

 Avec vous, nous demandons avec force :

  • Que tous les états retirent immédiatement les troupes d’occupation et mettent fin à toutes les interventions militaires hors de leur frontières
  • Que cesse la fabrication et la vente des armes et munitions.
  • Que les frontières soient fermées, non pas pour les êtres humains mais aux capitaux et financements occultes.
  • Que soient démantelées inconditionnelement et sans délais toutes les armes nucléaires
  • Que les états renoncent à la guerre comme moyen pour résoudre les conflits.

Plus que jamais, demandons que la non-violence et l'amour de la vie inondent les pensées, les coeurs et les actes des femmes et des hommes de cette époque charnière.

Ne cédons pas à la peur, à la méfiance, au désir de vengeance et tout au contraire renforçons nos plus belles aspirations humaines de paix et de fraternité. 

Soyons créatifs pour faire naître cette nation humaine universelle à laquelle nous aspirons.

Seules la Paix et la non-violence peuvent garantir

une solution aux choc que les violents de tous bords nous font subir.

 

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25 août 2015

ANALYSE DE LA SITUATION EN GRÈCE

Par Guillermo Sullings

Contexte de l'UE

             L'aspiration des Humanistes pour le futur est que tous les peuples du monde puissent être intégrés dans la Nation Humaine Universelle. C'est pourquoi nous différencions ce processus d'intégration que nous appelons mondialisation de celui qui se fait appeler globalisation. Quand le premier correspond à l'intégration des peuples dans leur diversité culturelle, le second correspond davantage à l'expansion et à la pénétration du pouvoir économique et financier global qui cherche à discipliner les pays sous sa logique de prédateurs.

                 Les Humanistes encouragent toutes les avancées qui se produisent dans les intégrations régionales, tant qu’elles signifient une avancée vers cette future Nation Humaine Universelle. Et bien sûr que l'intégration économique doit être un aspect important de cette intégration mais il ne devrait pas être le plus important. Dans tous les cas il devait être assujetti à l'intérêt supérieur d'une véritable intégration solidaire des populations, où les structures économiques seraient au service du développement humain sans frontières. Et si l'usage d'une monnaie commune dans une intégration régionale contribue à ce développement, il faudra l'encourager.

                 Mais quelque chose de très différent arrive dans certaines des intégrations régionales qui se produisent dans le monde. Elles ne semblent pas se constituer à partir des nécessités et des intérêts des populations mais plutôt depuis les intérêts des multinationales et du pouvoir financier global. C'est le cas de l'Union Européenne, de plus en plus au service des banques et des entreprises plutôt qu’au service des gens. C’est le cas de l'euro, qui renforce l'expansion des économies les plus fortes et finit par démanteler et endetter les économies les plus faibles. Pendant ce temps, les médias privés, toujours au service des mêmes pouvoirs économiques, manipulent l'opinion publique pour la convaincre que les pays sérieux sont ceux qui appliquent l'économie néolibérale et que si un pays va mal, c’est seulement parce que ses dirigeants sont corrompus et que son peuple est paresseux. Ainsi ils divisent les peuples, pour qu’ensuite la solidarité ne s’exprime pas quand l’un tombe en disgrâce, victime des politiques néolibérales, et qu’ainsi leurs dirigeants aient des arguments pour être cruels avec les peuples et généreux avec les banques.

                 Quand l'Union Européenne puis la zone euro se sont formées, il existait déjà des différences importantes entre les économies des pays membres, des différences au niveau de la productivité et du développement industriel. Historiquement, au niveau mondial, pour supporter ce type de différences, les pays avec une productivité moindre jouaient sur la valeur de leur monnaie et géraient leur commerce extérieur en cherchant un certain équilibre qui leur permettait de maintenir un faible niveau de chômage. De cette façon, chacun essayait de maintenir son équilibre pour se développer à partir de là et on considérait qu’en moyenne, le niveau de vie de la population correspondait à son niveau de développement. Mais quand on a progressé dans la zone de libre commerce et dans l'union monétaire en Europe, ses membres ont renoncé à ces instruments de politique économique, en considérant sûrement que la nouvelle organisation supranationale envisagerait la résolution des asymétries entre les pays. Mais l’Union européenne a organisé son économie sous les paradigmes du néolibéralisme, en supposant que le marché réglerait tout harmonieusement, en supposant que les capitaux productifs iraient implanter leurs usines là où seraient les chômeurs, ou bien que les chômeurs migreraient facilement vers les usines ; en supposant que les capitaux financiers se mobiliseraient pour couvrir les nécessités des investissements productifs. Mais la liberté de mouvement à l'intérieur de la zone euro a donné différents résultats pour chaque protagoniste, parce que si les capitaux financiers peuvent être mobilisés d'un lieu à un autre en quelques secondes, les capitaux productifs requièrent plus de temps et bien que les personnes puissent passer librement les frontières, en pratique l'enracinement et les barrières culturelles limitent les migrations. Par ailleurs, dans le reste du monde on a déjà vu que les politiques néolibérales ont donné lieu à la spéculation des capitaux financiers, à l'endettement systématique et au démantèlement de l'industrie dans de nombreux pays, ainsi qu’à la fuite des capitaux vers des paradis fiscaux et la fuite des usines vers des paradis du travail. Si le virus du néolibéralisme mondial a pu faire tout cela avec les nations qui maintiennent leur souveraineté et leur monnaie, les effets furent bien pires dans la zone euro où les pays avaient déjà de faibles moyens de défenses.

                 Alors si aujourd'hui l’Union européenne est en crise et la zone euro est dans le doute, ce n'est pas parce que le monde n'est pas préparé à l'intégration régionale. C’est parce qu'on a voulu le faire sous le signe du néolibéralisme.

Vérités et mensonges à l'égard de la dette

             La version que l'on a privilégiée dans une bonne partie de l'Europe et que les médias agitent pour accuser les Grecs de tout, attribue la responsabilité aux gouvernements corrompus, qui ont endetté le pays de façon irresponsable, qui ont dilapidé les ressources, qui ont surdimensionné le secteur public avec un déficit fiscal conséquent et qui ont, de plus, faussé leur comptabilité pour cacher le déficit et l'endettement. Cette responsabilité des gouvernements serait partagée par la population qui, en définitive, les a élus et a bénéficié des cadeaux, avec le système laxiste des retraites, avec les crédits à la consommation et avec la prospérité illusoire d'une bulle spéculative, en vivant au-dessus des moyens que son économie permettait. Certaines de ces versions sont illustrées avec des données réelles et se répandent pour exalter l'indignation des citoyens des autres pays, comme c'est le cas des Allemands, à qui on a dit que la pension de retraite maximale en Grèce est de 3 500 euros, tandis qu'en Allemagne elle est de 3 100 ou que l’âge auquel beaucoup de travailleurs grecs prennent leur retraite est inférieur à celui des autres pays pour une activité similaire. L'Institut d'Assurances Sociales (IKA), qui est déficitaire et consomme une partie importante du budget de l’Etat, paie au moins une forme de retraite à 5,5 millions de personnes (pratiquement la moitié de la population). Il existe plus de 600 professions pour lesquelles il est possible de partir en retraite plus tôt et d'avoir une pension anticipée car considérés comme catégorie à risque, comprenant les coiffeurs, les garçons de café, les speakers, les musiciens et d'autres secteurs d’activité pour lesquels dans n'importe quel pays, on prend la retraite à l’âge normal.

                 Du côté des recettes de l’État, il y a aussi beaucoup d'inefficacité, puisqu'une grande évasion existe, il y a beaucoup d’indépendants et d’entrepreneurs qui n'apportent pas au système, jusqu'aux exemptions de TVA dans les îles, où il y a des recettes importantes par le tourisme, mais qui n'engendrent pas de recette fiscale proportionnelle pour contribuer à réduire le déficit ; et même ainsi la Grèce a augmenté la dépense publique de 50 % entre 1999 et 2007 et cela a été financé par l’endettement.

                 Avec toutes ces informations présentes dans leurs documents de travail, les représentants des autres pays de l’Union européenne durcissent leur position avec la Grèce et ils exigent d’elle toujours plus d’austérité. Publier de façon biaisée ces données dans les médias vise à ce que les populations de ces pays se durcissent également et avalisent les gouvernements dans leurs exigences envers les Grecs. Certainement que beaucoup de cette information est vraie, au-delà du parti-pris et des préjugés qu’ajoutent les médias et les faucons de l’Union européenne. Mais il y a une autre information dont personne ne parle et il y a d’autres responsables dont personne ne parle non plus, que sont les banques, les multinationales et les dirigeants qui défendent leurs intérêts.

                 Quand quelqu'un s'endette, c’est parce qu'il y a quelqu'un qui lui prête. Si quelqu'un s'endette de façon irresponsable, c’est parce que quelqu'un lui prête de façon irresponsable. Comment peut-on croire que les banques qui ont prêté à la Grèce étaient philanthropes, ingénues, avaient confiance dans le pays et ensuite ont été flouées en toute bonne foi ?

                 Lors du déclenchement de la crise financière mondiale en 2008, le détonateur a été les prêts hypothécaires à risques ou subprimes, sur lesquelles a été monté tout un système frauduleux de constitution d’emprunts sur des emprunts, avec une assise très faible comme l’étaient les millions d'hypothèques constituées durant la bulle financière, pour lesquelles beaucoup de débiteurs étaient insolvables depuis le début et d’autres sont devenus insolvables quand la bulle a explosé et que les valeurs de leurs biens immobiliers ont chuté au quart de leur dette hypothécaire. Il ne viendrait à l’idée de personne de penser que les coupables de cette fraude gigantesque ont été les millions de personnes qui ont perdu leurs maisons et que les banques et les fonds de placement qui ont engendré la bulle et ont multiplié l'escroquerie étaient quelques prêteurs gentils et ingénus qui avaient confiance innocemment en leurs débiteurs et ont ensuite été trompés. Cependant, les centaines de milliards de dollars qui ont été destinés à pallier la crise n'ont pas été destinés à ceux qui ont perdu leurs maisons mais ils ont été destinés à sauver les banques. Et les responsables qui ont organisé cette arnaque ont ensuite été honteusement récompensés par des gains obscènes.

                 Il est utile de rappeler tout cela, parce que les banques ont fait de juteuses affaires en prêtant aux gouvernements corrompus qu’a eu la Grèce. Ils savaient non seulement que la Grèce était insolvable mais en réalité cela ne les préoccupait pas parce qu'ils savaient qu’en dernier recours, on allait eux aussi les repêcher. De fait il en a été ainsi, les banques françaises ont réduit leurs créances envers la Grèce de 79 milliards à 13 milliards, les banques allemandes de 45 milliards à 10 milliards et les banques italiennes de 12 milliards à 1 milliard. Maintenant la plus grande partie de la dette est passée aux mains des pays de l’Union européenne sous une forme directe ou à travers le Mécanisme Européen de Stabilité (145 milliards d'euros), ainsi qu’aux mains du FMI et de la BCE. C'est-à-dire qu’une nouvelle fois les gouvernements et les organismes internationaux ont décidé de sauver les banques qui ont prêté imprudemment. Maintenant ils disent à leurs citoyens qu'il faut récupérer ce que les Grecs doivent à leurs pays. Et de manière détournée, ils laissent entendre que les citoyens allemands, français, italiens ou espagnols ont payé des impôts pour acquitter la dette des Grecs irresponsables qui ont gaspillé l'argent. Il s’agit d’une farce médiatique pour monter les peuples les uns contre les autres, en dissimulant la soumission complice des gouvernements avec le pouvoir financier.

                 Les banques connaissent leur pouvoir. Non seulement elles contrôlent beaucoup de dirigeants qui sont actionnaires mais de plus, grâce à la toile complexe de la finance et à la façon dont est organisé le système bancaire dans l'économie néolibérale, elles font chanter toute la société, puisque quand une banque fait faillite, elle entraîne dans la rupture de la chaîne de paiements une partie importante de l'économie réelle, provoquant un effet domino qu'aucun gouvernement ne désire et cela engendre une situation de chantage dans laquelle les dirigeants, au-delà de leurs convictions, finissent par céder en faveur des banques. Comme si cela n'était pas suffisant pour comprendre la perversité du système, il faut aussi comprendre que quand une banque ou un fond d’investissement achète la dette d'un pays peu solvable, ceux qui prennent les décisions ne sont pas les propriétaires de cet argent. Les décideurs sont les administrateurs de ces fonds, qui savent qu’en dernier recours celui qui perd, c’est l’épargnant, après qu’ils aient retiré leurs énormes profits. C’est pour tout cela que la plus grande responsabilité dans le piège de la dette, doit être attribuée aux prêteurs et non aux emprunteurs peu solvables. Bien sûr que pour qu'un pays s'endette au-delà de ses possibilités, il a besoin de dirigeants irresponsables et corrompus. Mais c'est précisément l'un des problèmes de la démocratie formelle dans laquelle les gens, manipulés par les médias, ont à choisir entre de fausses solutions, qui laissent la table servie aux vautours de la finance ; et ceux-ci, après avoir commis leurs dégâts, laissent les pays en crise, s’évaporent et rendent responsables leurs marionnettes des gouvernements. Bien sûr quand se forment ces bulles de prospérité illusoire financée par la dette, beaucoup de gens sentent que leur niveau de vie s’améliore, qu'ils peuvent consommer davantage et qu'ils reçoivent des bénéfices qu'avec le temps ils considèrent comme des droits acquis. Ensuite ils se refusent à les perdre quand on leur explique que la fête est terminée. Mais on ne peut pas tenir les populations responsables de cela parce qu'elles n'ont pas de raisons de connaître les manœuvres financières douteuses qui existent derrière chaque bulle.

                 Le surendettement des pays a déjà plusieurs décennies. Dans les années quatre-vingts c'était la crise des dettes latino-américaines. Alors le Plan Brady est arrivé pour sauver les banques et pour changer les dettes de mains. Ensuite dans les années quatre-vingt-dix, le néolibéralisme a de nouveau développé l'endettement et les bulles, en engendrant quelques crises parmi lesquelles se distingue le défaut de paiement de l'Argentine, avec une situation très semblable à celle de la Grèce. Au début de ce nouveau siècle, de nouvelles bulles ont incubé, jusqu'à ce que la plus grosse éclate avec son épicentre aux États-Unis. Avec cet éclatement, la crise de la dette s'est produite dans plusieurs pays d'Europe. Les gouvernements changent, les pays changent mais il y a un acteur qui est dans toutes les crises à chaque fois : le pouvoir financier mondial, commettant des dégâts, créant la dette et mangeant la charogne de ce qui reste de ses victimes à travers les privatisations.

                 Il semble donc que les Grecs devront faire leur part, en améliorant leur système fiscal, en supprimant des privilèges insoutenables, en luttant contre la corruption. Ils devront probablement s’adapter pour vivre avec ce qu'ils génèrent réellement, alors qu'ils s'efforceront à obtenir de la croissance et à se développer. Mais ils ne doivent en aucun cas souffrir de la faim et de privations, privatiser tout leur patrimoine pour essayer, durant des décennies, d'annuler une dette impayable. Les autres peuples ne devraient pas non plus payer cette dette avec leurs impôts, les investisseurs de bonne foi ne devraient pas non plus perdre leur épargne. La dette devrait être payée par ceux qui manient le pouvoir financier dans le monde et pour qu'ils ne continuent pas à commettre des dégâts, il faudrait démanteler leur pouvoir. Alors que les dirigeants des puissances n'osent pas démanteler la puissance financière mondiale, ils auront à expliquer à leurs contribuables et à leurs épargnants, qu’ils doivent payer le prix de la complicité de leur gouvernement avec ce pouvoir.

                Il y a un autre aspect de la dette également lié à la mécanique néolibérale, qui fait que ceci est soutenu en nourrissant la surconsommation. Dans un monde où la richesse est de plus en plus concentrée, où les profits des entreprises croissent chaque fois plus face aux revenus des salariés, et tandis que les bénéfices de la spéculation financière absorbent de plus en plus les ressources qui devraient aller à la production et au travail, dans ce monde où les salariés reçoivent une part chaque fois plus petite du gâteau, les niveaux de consommation peuvent se maintenir seulement par l’emprunt. Alors, comme un étau, la puissance financière se manifeste d'un côté en endettant les pays et les personnes pour qu'elles consomment et d'un autre côté, les multinationales arrivent en offrant les produits qui doivent être achetés par ces emprunts. Cela s’est passé ainsi dans le cas de la Grèce, avec des banques allemandes et françaises qui ont financé la consommation des Grecs alors que cette consommation correspond en grande partie à des produits allemands et français (incluant des armes).

 

La situation actuelle de la Grèce

             Aujourd'hui la Grèce a une dette de 340 milliards d'euros, équivalent à 175 % de son PIB. Après tous les ajustements réalisés ces dernières années par les exigences de la Troika, en échange du refinancement de la dette, le PIB a chuté de 25 % et le chômage a atteint 26 % en moyenne et 60 % pour les jeunes. Cela a conduit à l’appauvrissement d'une grande partie de la population, avec de nombreuses expulsions et le taux de suicides le plus élevé en Europe. Tout ce sacrifice inhumain a été consenti seulement pour approcher l'équilibre budgétaire et maintenant on devrait multiplier cette austérité et ces sacrifices pour arriver dans quelques années à 3 % d'excédent primaire qui permettrait d'amortir au compte-gouttes la dette qui, à ce rythme, mettra au mieux environ 50 ans pour s'amortir. Cette dette est impayable et tous le savent mais avant que l’inévitable défaut de paiement ne soit déclaré, ils essaient de laisser la dette dans le patrimoine grec, obligeant en échange à privatiser environ 50 milliards d'euros qui iront annuler directement une partie de la dette. Autrement dit, le chemin qui reste à accomplir, conformément aux exigences de la Troika, est de torturer le peuple avec plus d’austérité, de liquider tous les biens de l'État et ensuite, de toutes manières il y aura défaut de paiement et dans ce cas, une sortie inévitable de l'euro.

                 La Grèce a des échéances constantes à solder du fait des divers refinancements de l'énorme dette et comme elle ne peut pas les payer avec son budget, elle doit les refinancer de façon permanente avec des paquets d'aide de la Troika et cette aide se fait en échange de plus d’austérité et de coupes. Si la Grèce n'acceptait pas les ajustements, la Troika ne refinancerait pas la dette et à la première échéance non payée, elle tomberait en défaut de paiement. Si elle tombait en défaut de paiement, elle ne recevrait plus de fonds d'aucun type, auquel cas ses banques n'auraient plus de liquidité, puisque ce n’est pas la Grèce mais la BCE qui imprime les euros et face à cette possibilité il y aurait une course aux retraits bancaires et aux mesures économiques et très vite le gouvernement devrait commencer à payer les retraites et les salaires publics en émettant une sorte de bon, qui en pratique serait comme une nouvelle monnaie. C'est-à-dire que ce serait une sortie de l'euro de fait, bien qu'elle ne soit pas prévue dans l’Union européenne. Cette situation est celle qui est arrivée ces derniers jours, quand s’est installé les queues et les restrictions pour retirer des fonds des banques, de façon à ce que Tsipras a dû aller négocier le nouvel accord sous la menace et malgré le résultat du référendum a fini par capituler par crainte de conséquences pires. Tsipras a probablement cru qu'avec l'appui du référendum par lequel le peuple grec a voté non à l’austérité, il pourrait négocier avec plus de force face à la Troika et infléchir sa posture mais c’est le contraire qui s’est produit.

                 En réalité le gouvernement grec déclarait déjà avant le référendum que son intention n’était pas de sortir de l'euro mais d’infléchir les ajustements du nouvel accord. Mais la faiblesse de cette posture a consisté en ce que précisément, s'ils n'étaient pas disposés à sortir de l'euro, ils n'avaient pas de plan B au cas où la Troika ne modérerait pas ses exigences, parce que l’unique manière de rester dans l'euro est de le faire avec l'aide financière de la Troika qui pour cela a mis ses conditions.

                 Il est clair que la situation est très délicate et il n’existe pas de solution facile. N'importe quelle solution aura son coût, et il sera élevé. Beaucoup comparent la situation de la Grèce à celle qu’a subie l'Argentine entre fin 2001 et 2002 et effectivement il y a beaucoup de points communs. L'Argentine avait à cette époque et depuis déjà quelques années, un régime de convertibilité dans lequel un peso équivalait à un dollar. Cela avait provoqué une surévaluation du peso qui faisait énormément monter le prix des exportations et baisser le prix des importations, ce qui produisait une balance commerciale déficitaire, soutenue par l’endettement, ainsi que par le déficit budgétaire. Le moment est arrivé où la dette est devenue impayable, plus aucun financement n'a été obtenu pour refinancer la dette, cela a généré une course aux retraits bancaires et de changes qui a conduit à un gel global des avoirs connus comme le corralito. Le pays est alors tombé en défaut de paiement et ensuite il a fallu abroger la convertibilité et dévaluer la monnaie de 300 %. La crise sociale a été énorme, il y a eu un appauvrissement de grande ampleur de la population, le chômage a augmenté et il y a eu de nombreuses actions en justice quand les dépôts, les dettes et les crédits qui étaient définis en dollars ont été transformés en pesos. Mais au bout d’un an, l'Argentine a commencé à se relever. Grâce à cette dévaluation l'industrie a été reconstituée et s’est substituée aux importations. Le marché interne a été relancé et il y a eu une croissance des exportations qui ont apportées des devises. Ensuite en 2005, après s’être relevé et quand l'économie a connu des forts taux de croissance, le gouvernement a renégocié la dette qui était en défaut de paiement, avec une remise des presque deux tiers de la dette initiale.

                 Tsipras connaît certainement cet exemple que citent également les prix Nobel d’économie, Krugman et Stiglitz, alors qu’ils critiquent l’austérité à laquelle on soumet la Grèce et suggèrent, dans le cas de Krugman, que la sortie de l'euro serait une solution. Mais il faut aussi rappeler quelque chose pour comprendre les doutes de Tsipras : le président Kirchner, qui a été celui qui a gouverné pendant la période de la remontée de la croissance en Argentine dès 2003, a d’une certaine manière trouvé le chemin balisé par rapport aux décisions économiques drastiques, parce que précédemment à son arrivée, il y a eu un autre président qui s'est trouvé forcé d’imposer les restrictions aux dépôts bancaires, et a fini par démissionner au milieu du chaos social. Un second président a dû déclarer le défaut de paiement et a démissionné quelques jours après et le troisième président est celui qui a décidé la sortie de la convertibilité et bien qu'il a été au pouvoir seulement un an et demi jusqu'à le remettre à Kirchner, il a pris sa retraite avec une très mauvaise image publique. Autrement-dit la crise a dévoré trois présidents malgré le fait qu’ils n’ont pas eu le choix sur les mesures qu'ils ont prises parce que le pays n’avait plus de devises pour payer la dette et pour soutenir la convertibilité. Pour Tsipras il est difficile de discerner si en repoussant les exigences de la Troika et en sortant de l'euro, il finirait par être le dirigeant qui aura conduit la Grèce à son redressement ou si le chaos initial le dévorera et quand la Grèce verra la lumière à la fin du tunnel, lui sera déjà un cadavre politique et celui qui gouvernera sera peut-être du parti politique d’opposition.

                 Par ailleurs, nous pouvons dire que la situation économique de la Grèce, est encore pire que celle de l'Argentine de ces années-là. Non seulement parce que la dette est plus grande, tant nominalement que par rapport au PIB, mais surtout parce que la Grèce n'a pas le potentiel productif qu’avait l'Argentine, avec une industrie qui fonctionnait à 30 % de sa capacité, conséquence de l'essor des importations sous le régime de convertibilité et qui s’est retendu comme un ressort dès la sortie de ce régime ; de plus parce que l'Argentine a une grande capacité exportatrice de produits alimentaires.

                 Donc, économiquement parlant, la reprise en Grèce après une sortie hypothétique de l'euro serait sûrement un peu plus lente que celle de l'Argentine, mais impliquera toujours une amélioration substantielle par rapport à la situation actuelle, en particulier avec un avenir plein de possibles.

                 Par ailleurs, il faut également dire, en continuant avec les comparaisons, que la situation géopolitique de la Grèce, est plus avantageuse que celle de l'Argentine quand sa crise a éclaté. À ce moment-là, le pays sud-américain était extrêmement isolé, surtout de la part des grandes puissances ; il a pu disposer seulement de l'appui de quelques pays d'Amérique latine et fut obligé de subsister et de générer de la croissance en comptant exclusivement sur ses propres ressources. En revanche la Grèce pourrait avoir recours à d'autres stratégies de politique internationale pour obtenir une sortie de l'euro plus contrôlée. Bien que l’Union européenne a fini par approuver l’augmentation des exigences d’austérité, il y a des postures différentes entre ses membres et à même à l'intérieur de la Troika. Le FMI, lui-même argue qu’il faudrait réorganiser la dette qui est impayable. Outre la zone euro, la Russie a déjà manifesté son offre d'appui à la Grèce, et cela pourrait aussi se propager à la Chine. Les États-Unis sont extrêmement vigilants parce qu'ils considèrent aussi que les exigences en Grèce sont non viables et sont surtout préoccupés parce que ce pays occupe une position stratégique pour l'OTAN et ils ne verraient pas d’un bon œil son rapprochement avec la Russie. Nous entendons par là que la sortie de l'euro ne serait pas nécessairement si traumatique que s’il s’agissait d'un dénouement forcé dans un contexte de débandade financière. Dans le cas de l'Argentine, déjà en 1998 il y avait des indicateurs de ce qui pouvait se passer dans le futur et le Parti Humaniste a été le seul à proposer une sortie contrôlée du régime de convertibilité. S'il avait été réalisé de cette façon, peut-être que le chaos social de 2001 et 2002 aurait été évité. Cependant, on a insisté jusqu'au dernier moment avec ce régime non viable et la sortie a été forcée et compliquée. Nous considérons que la Grèce dispose des conditions pour élaborer une stratégie politique en cherchant des alliés qui l'appuient financièrement pour former un niveau de réserves dans des devises fortes qui lui permettent de revenir au drachme sans tomber dans une hyperinflation.

 

La sortie de l'euro est-elle la seule solution ?

             Comme nous l’avons dit, le problème de fond réside dans le fait que l'intégration européenne n'a pas été conçue à la mesure des peuples mais à la mesure du capital financier et des multinationales. Par conséquent il est très difficile que depuis l’Union européenne, d'autres types de solutions surgissent. Mais bien sûr que s'ils réfléchissaient et s’ils décidaient de reformuler les paradigmes de la région, il y a d'autres solutions possibles, non seulement pour la Grèce mais pour d’autres pays en crise. Il a déjà été proposé d’émettre des euro-obligations pour restructurer et refinancer les dettes des pays en situation d’urgence, mais cela a été rejeté. L'Allemagne et ses faucons alliés à l'intérieur de l’Union européenne refusent que la BCE engendre une expansion monétaire pour financer le rachat des dettes, en arguant que dans ce cas on n’atteindrait pas les objectifs de 2 % maximum d'inflation à laquelle ils prétendent pour la zone euro. Certains affirment que l'Allemagne craint le développement de l'inflation suite à l'expérience hyper-inflationniste traumatisante dont elle a souffert après la première guerre mondiale et qui a favorisé le surgissement du nazisme. Mais cet argument semble peu crédible parce qu'on parle de quelque chose qui est arrivé il y a presque un siècle, dans une conjoncture totalement différente. L’unique raison qui explique tant de réserves pour utiliser une politique monétaire plus expansionniste, qui pourrait encore temporairement faire augmenter l'inflation tout au plus de 2 ou 3 points dans la zone euro, est la protection qui veut être offerte aux secteurs ayant des actifs financiers importants, qui seraient dévalorisés.

                 On ne sort pas des récessions avec davantage d'ajustements et d’austérité, on en sort avec des politiques actives. La BCE doit accomplir son rôle, en absorbant une partie importante des dettes des pays et en finançant l’investissement et la consommation pour stimuler la reprise économique. Cela aurait pour coût une dévaluation de l'euro, pour laquelle les pertes seraient partagées entre des pays débiteurs et non débiteurs, parce que l’accent devrait être mis sur la solidarité entre les membres de l’Union européenne et non sur le calcul mesquin. Mais il semble que le paradigme de la solidarité ne soit pas le fleuron de cette conformation régionale, dans laquelle les pays ayant des problèmes doivent les résoudre par leurs propres moyens. Pour le moment c'est sous ce conditionnement que la Grèce doit choisir ses solutions, et elles ne sont pas autres que : ou l'agonie de l’austérité, pour finir de toute façon tôt ou tard par une sortie inévitable ou une sortie volontaire de la manière la plus contrôlée possible.

Paul Krugman (prix Nobel d'économie) qui doutait auparavant qu’il convienne que la Grèce sorte de l'euro, a récemment déclaré que c’était la solution et a dit qu’en tenant en compte des difficultés par lesquelles passent les Grecs, il vaut mieux sortir de l'euro pour au moins avoir les avantages d’une telle sortie, plutôt que l'enfer dans lequel ils sont déjà maintenant.

Mais en réalité il ne s'agit pas seulement du fait que face à l'impossibilité de payer la dette, la Grèce tombe en défaut de paiement et soit poussée vers la sortie de la zone euro puisqu'elle ne pourrait plus recevoir d'euros de la BCE. Il ne s'agit pas non plus uniquement que la Grèce renonce à payer sa dette à cause de la faim de son peuple et que cette décision l’oblige à abandonner la zone euro. Il s'agit plus précisément que l'un des facteurs principaux pour lesquels la Grèce s'est endettée, a été d’avoir une monnaie commune avec d'autres nations avec lesquelles elle ne peut pas concourir. La sortie de l'euro, indépendamment de la situation de la dette, permettra à la Grèce d’améliorer sa balance commerciale, d’augmenter ses exportations et de renforcer encore plus le tourisme, en engendrant de plus grandes recettes et plus d’emplois.

         Nous pourrions aussi nous demander si pour améliorer la compétitivité, il n'y a pas d'autres solutions que la sortie de l'euro. Nous revenons à la même chose : si la zone euro était construite sur la base de la solidarité, le rôle de la BCE devrait être de mettre en avant des politiques expansionnistes, non seulement pour diminuer l'endettement de certains pays, mais aussi pour inciter le développement, et ce développement devrait être planifié dans l'enceinte de l’Union européenne en mettant la priorité à l'accélération des pays les moins développés. Cela devrait être dans ce cadre et dans cette dynamique que pourraient être faites les corrections budgétaires qui aideraient la Grèce à diminuer le poids de l’État sur son économie. Parce que dans une économie en développement, il est possible de diminuer l'emploi public et de le déplacer vers l'économie privée, sans affecter le niveau d'emploi. Alors, on attaquerait le problème par plusieurs flancs et on pourrait améliorer la compétitivité sans sortir de l'euro. Mais ce serait une aspiration qui ne correspond pas aux priorités actuelles de l’Union européenne.

En fin de compte, bien sûr qu’il serait possible de résoudre le sujet de l'endettement de la Grèce sans sortir de la zone euro. Bien sûr qu’on pourrait compenser les asymétries par le développement, pour que la monnaie commune ne déséquilibre pas la balance commerciale de certains pays. Mais cette possibilité est maintenant très loin des intentions de la plupart des membres de l’Union européenne, de sorte que la meilleure solution laissée à la Grèce est la sortie.

 

Quelles conséquences aurait le Grexit ?

       Bien sûr, rien ne sera facile, et n'importe quelle décision sera difficile et apportera des problèmes à résoudre. Mais avec la sortie de l'euro il y aura une lumière à la fin du tunnel alors que dans le chemin de l’austérité croissante, seul se visualise l'abîme.

L'un des premiers problèmes du grexit est la pression de la fuite de capitaux, vu que 42 milliards sont déjà partis durant les 9 derniers mois et on suppose que si la Grèce retourne à la drachme, il y aurait une débandade, puisque tout le monde irait dans les banques retirer ses euros. C'est certain mais pour cela, il existe les mécanismes de contrôle d'entrée et de sortie des devises qui, comme mesure d’exception, peuvent être mis en œuvre, comme cela s’est fait dans d'autres pays. Bien sûr qu’il existera de toute façon une fuite et bien sûr qu’il existera des plaintes et des protestations de milliers d’épargnants du fait des restrictions. Il y aura de fortes turbulences les premiers temps.

Un autre problème à résoudre est le thème logistique, puisqu'il ne s'agit pas seulement de la dévaluation d'une monnaie déjà existante, mais de frapper la nouvelle monnaie, de la faire parvenir partout, d’adapter les systèmes d’informations et les guichets automatiques ; une complexité logistique qui arrivera durant les premiers mois et obligera à une transition difficile.

Les dettes des Grecs entre eux et les dettes des Grecs avec l'extérieur représenteront un autre conflit. À l'intérieur ce sont les créanciers qui protesteront : ceux qui leur devaient des euros les paieront maintenant en drachmes et ainsi leurs crédits fondraient. Ceux qui ont des dettes à l'extérieur, soit auront beaucoup à économiser pour pouvoir les payer, puisque leurs recettes seront en drachmes et leurs dettes resteront en euros, soit ils entreront en cessation de paiement jusqu'à ce qu’on retrouve des prix relatifs.

La Grèce importe beaucoup de produits, en incluant les aliments et les médicaments, et sa balance commerciale est déficitaire, ainsi avec la sortie de l'euro il existera une hausse des produits importés et par conséquent une baisse du pouvoir d’achat de la population par rapport au reste de la zone euro. Bien sûr que cette paupérisation pourra être répartie dans les différents secteurs, suivant comment le gouvernement gèrera son budget en drachmes, en assistant les plus démunis. Contrairement à la situation actuelle, dans laquelle ceux qui restent sans emploi assument la partie la pire, la dévaluation redistribuera mieux les charges et cette paupérisation sera à assumer entre tous jusqu'à ce que l'économie commence à se redresser et à aller mieux et alors il sera possible de se refaire une situation.

Les conséquences positives de la sortie de l'euro seront importantes, bien que cela ne portera ses fruits que plus tard. La Grèce est un pays avec des coûts relativement faibles, de sorte que renforcer encore plus son tourisme et l'exportation de quelques produits, impliquera une entrée importante de devises qui aidera à équilibrer la balance commerciale et stabilisera le taux de change. Il y aura plus d'emplois dans les secteurs liés au tourisme et à l'exportation et il y aura des opportunités de substituer quelques importations.

Comme on prétend que si la Grèce sort de l'euro c’est aussi parce qu'elle est entrée en défaut de paiement, alors pendant une longue période on ne s'occupera pas non plus de sa dette extérieure, ce qui lui apportera des problèmes de financement extérieur et quelques conflits politiques mais au moins l'actuelle saignée se sera arrêtée. Ils devront vivre avec leurs propres ressources, mais ils n'auront pas à s'adapter encore plus pour rembourser des dettes impayables. De plus, la souveraineté monétaire et la propre gestion de sa politique économique, permettront au gouvernement de mettre en adéquation le budget public en fonction du développement. Pour cela ils auront inévitablement à améliorer le système fiscal et à assainir l'administration publique.

Nous pourrions résumer en disant qu'actuellement les Grecs se sont appauvris lentement et progressivement et si la tendance continue ainsi, cela ne fera qu’empirer et de toute façon ils ne réussiront pas à payer la dette, pour laquelle ils auront privatisé tout leur patrimoine, et quand ils n'auront plus rien ils tomberont en défaut de paiement et sortiront de l'euro de force mais dans un état bien pire que maintenant. Alors que s'ils sortent de l'euro maintenant, ils passeront par une période difficile mais peu à peu ils se redresseront et ensuite connaîtront à nouveau la croissance, en augmentant le nombre d'emplois et le niveau de vie ; peut-être pas le niveau de vie dont certains ont profité grâce à la dette mais un niveau meilleur que celui qu'ils ont maintenant avec l’austérité.

 

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20 mars 2015

A quand la non-violence en matière de politique extérieure et de gestion démocratique : Venezuela-Etats-Unis, un cas d’école.

Le 9 mars dernier, le Président Obama déclarait que  le Venezuela représentait  une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats unis.

Quelle surprise ! Que le Venezuela puisse représenter une menace pour  la sécurité nationale des Etats-Unis est tout simplement grotesque ; et cette déclaration n’est pas sans rappeler les justifications de Georges  Busch, en 2003, pour intervenir en Irak.

En revanche, le président Obama n’a pas tort de dire que le Venezuela, avec l’ensemble des pays progressistes d’Amérique Latine, peut représenter une « menace » pour la politique extérieure de son pays, laquelle n’est guidée que par un unique souci : maintenir son hégémonie sur le monde en général, et l’Amérique latine en particulier.

Car, l’union de ces pays latins  - à travers l’UNASUR et l’ALBA qui ont d’ailleurs condamné collectivement les propos du président Américain – permet en effet, depuis dix ans, de faire reculer  la domination économique et politique étasunienne.

Mais force est de constater que, pour se maintenir dans leur suprématie, les Etats-Unis n’ont comme toujours qu’une seule et même réponse : la  menace belliqueuse, et ce, malgré les émouvantes déclarations d’intention de paix du Président Obama lors de son investiture en 2008[1].

A cette contradiction entre les paroles et les actes, s’ajoute l’incohérence de cette « grande démocratie » qui fait peu de cas des choix démocratiques des autres. Car, il est bien de rappeler que le « gouvernement bolivarien » du Venezuela a été élu démocratiquement  huit  fois, depuis  1998.  

Ceci dit, une vraie démocratie ne peut user de la violence, pour résoudre ses conflits internes.  La crise économique, sociale et politique que traverse le Venezuela depuis plusieurs années ne pourra trouver de solutions à travers des menaces de coups d’état, des émeutes et des affrontements violents. 

Aussi, pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, le Parti Humaniste International en France condamne fermement les propos belliqueux du Président Obama, et lui rappelle d’appliquer ses propres intentions : « notre puissance seule ne peut pas nous protéger, [] elle ne nous donne pas le droit d’agir à notre guise. Au contraire, [] notre puissance augmente lorsqu’elle est utilisée de manière prudente, que notre sécurité émane de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et les qualités modératrices que sont l’humilité et la retenue ».

Et au Président Maduro comme aux forces d’opposition, le Parti Humaniste International  conseille d’entamer un dialogue démocratique et non-violent.



[1]  Sachez que l’Amérique est l’amie de toutes les nations et de tous les hommes, femmes et enfants qui aspirent à la paix et à la dignité, et sachez que nous sommes prêts à être une fois encore ceux qui montrent la voie.

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18 janvier 2015

Face à la montée de la violence, il n’y aura pas de fausses solutions sinon la non-violence

« A mesure que les forces mobilisées par le grand capital asphyxient les peuples, des positions incohérentes surgissent et se renforcent en exploitant cette souffrance, en la canalisant vers de faux coupables ». Mais dans ce contexte obscur et chaotique, la clameur du peuple s’est élevée exprimant sa soif de paix, de tolérance et de fraternité.

Les tragiques événements qui se sont déroulés en France en ce début d’année constituent un maillon de plus dans le processus de violence qui s’exprime aussi bien dans les fondamentalismes religieux ou dans la montée des nationalismes rétrogrades et xénophobes que dans les politiques irresponsables des “fanatiques” du grand marché néolibéral et de la croissance économique, à l’origine d’une chaîne sans fin de  catastrophes sociales et environnementales.

Car, comme beaucoup, nous ne sommes pas dupes: nous voyons déjà à l’œuvre les politiciens et les formateurs d'opinion qui profitent de ces événements pour mettre en œuvre une politique de plus en plus répressive et coercitive, restreignant les libertés individuelles et exacerbant le sentiment de peur, de vengeance et d'islamophobie qui ne feront qu’alimenter la violence. Et nous n’oublions pas le capital financier,  mafia en « cols blancs »  spéculant sur les ventes d’armes et  l’exacerbation des conflits armés, et  reléguant de plus en plus  états et gouvernements dans le rôle de bras armé qui domestique les populations.

Mais, pour les humanistes, ce n’est plus le moment de chercher les coupables, sinon de souffler sur cet élan qui a rassemblé, le 11 janvier dernier, près de  4 millions de Français et tant d’autres personnes  dans le monde. Cet élan où s’est exprimé avec force, calme et dignité, non seulement le droit à la liberté d’expression et le rejet de la violence physique, mais aussi l’aspiration à la paix, à la fraternité et à la solidarité pour tous et entre tous. 

Dans cet élan, nous reconnaissons une sensibilité humaniste qui s’exprime déjà depuis quelques années dans de multiples initiatives : des initiatives économiques alternatives à la violence économique néolibérale ; des collectifs de citoyens qui cherchent à construire ensemble les bases d’une vraie démocratie bien loin de la démocratie formelle où la liberté d’expression équivaut à la violence d’un “cause toujours”; dans l’émergence d’une spiritualité laïque qui s’éloigne des religions devenues trop formelles elles aussi quand elles ne sont pas devenues fondamentalistes.  

Le Parti Humaniste se reconnaît dans toutes ces initiatives, Mais il n’est pas naïf : dans un futur proche, il y aura encore beaucoup de barbaries ici et ailleurs (où il y en a déjà).

Alors, voilà ce que nous proposons: que la mobilisation contre ces barbaries puisse servir à renforcer cette flamme qui s’est exprimée dans toute la France, comme dans le monde entier.

Pour renforcer cette flamme,  le Parti Humaniste invite chacun à se retrouver avec d’autres autour des six points de base qui caractérisent l’attitude humaniste : 1) l’être humain comme valeur et préoccupation centrale, de telle sorte que rien ne soit au dessus de l’être humain et aucun être humain ne soit au dessus d'un autre ; 2) l’égalité entre toutes les personnes ; 3) la diversité personnelle et culturelle en valorisant les caractéristiques propres de chaque peuple ; 4)  le développement de la connaissance au-delà des limitations imposées à la pensée par des préjugés ; 5) la liberté d’idées et de croyances ; 6) le refus non seulement de la violence physique, mais aussi de la violence économique, raciale, sexuelle, religieuse, morale et psychologique.

 Car face à la barbarie avérée des groupes terroristes ou face à la violence dissimulée du « terrorisme d’état », le Parti Humaniste affirme la nécessité de  transformer cet élan du 11 janvier en une force morale : celle de la non-violence.

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18 juillet 2014

Analyse des difficultés du Front de Gauche à s’imposer dans les urnes

En 2009, alors que le Front de Gauche tout juste naissant atteignait les 11% aux élections européennes, on a pu croire à nouveau à l’émergence d’une grande force sociale de gauche (la vraie gauche.)

Mais les résultats des dernières élections municipales et européennes en France montrent la difficulté de cette force sociale à s’imposer dans les urnes.

 Déplorant cet échec, le Parti Humaniste n’en est pourtant pas surpris.

 On peut évidemment expliquer ces résultats décevants par le rôle des « grands médias » - porte- parole de la pensée unique - qui s’efforcent de discréditer ces mouvements  en les classant dans l’extrême gauche, ou tout simplement dans l’utopie.  On peut aussi l’expliquer par le fait que la France – comparativement à la Grèce ou dans une moindre mesure l’Espagne[1] - ne connaît pas encore une crise assez violente pour avoir foi dans ces alternatives. Mais, ces explications ne semblent pas suffisantes.

 Tentons d’aller plus loin en comprenant la logique interne qui guide ces différents partis et mouvements de gauche, écologiques et alternatifs.

 Premier constat : ces organisations se rassemblent non pas autour d’un projet pour une société nouvelle  - voire un projet de civilisation - mais dans une opposition au système néolibéral[2].

 Or, en se positionnant ainsi, - en se plaçant contre le système et non en faveur d’une alternative radicalement différente – c’est finalement ce système qui les définit. Et cet emplacement de base n’est pas sans conséquence.

 Tout d’abord, il signale une vieille forme de faire de la politique, celle-là même que plus personne ne veut malgré les bonnes idées proposées par les uns ou par les autres.

 Cette vieille forme de faire de la politique consiste avant tout à avoir des élus[3], généralement des professionnels de la politique ou des leaders, pour qui projet politique est synonyme de réussite électorale et de carrière personnelle.  Or précisément, les gens ne veulent plus de ces leaders qui les ont si souvent trompés.

 Par ailleurs, en ne formulant de projets politiques qu’au regard du marasme économique, social et environnemental produit par le système néolibéral, ce dernier reste, de fait, la référence. Pas de rêve ; pas de changement de paradigme. Aucun ne porte véritablement un projet visionnaire pour la société – encore moins pour l’être humain – sinon une série de propositions « techniques » visant à sortir des différentes crises précités. C’est un peu comme si – dans une sorte d’acharnement thérapeutique – chacun proposait une solution pour sauver le mourant.

 Or, pour le Parti Humaniste, ce système néolibéral est non seulement condamnable mais d’ores et déjà condamné ; il est mourant y compris dans la pensée et dans le cœur de beaucoup de gens….

 Et parmi ces gens, il y a bien sûr les personnes en colère qui votent pour des extrêmes. Mais il y a également tous les autres - les abstentionnistes probablement, les jeunes sûrement - qui s’éloignent de tous les slogans.

 Est-ce à dire que ces gens ne font pas de politique ?  Non, bien sûr qu’ils font de la politique ! Mais ils la font autrement : hors de tout parti ou de toutes formes d’organisation qui voudraient les capter.  Comment font-ils ? Ils se rassemblent puis se désassemblent en différents collectifs ou se concentrent sur une manière plus perceptible et le plus immédiate d’agir : les Villes en transition, Alternatiba, notre Dame des Landes, Colibri, les Faucheurs…

 Ils agissent dans leur quotidien et pour leur quotidien, souvent en pensant globalement. Bref, ils se prennent déjà en charge.

 Dans ce contexte, aucune alternative ne pourra plus être portée par un « état-major » politique. En revanche, faire de la politique devra simplement consister à mettre en synergie ces initiatives citoyennes et locales, car c’est de là que doit émerger la représentativité d’une démocratie réelle et directe.



[1] En Grèce, Syriza – l’équivalent du Front de Gauche sans les communistes – a fait 26,58%. ; en Espagne, la Gauche plurielle et Podemos rassemblent 17% des voix. Ceci dit, dans les 2 pays, le taux d’abstention est également élevé : respectivement, 40% et 54%.

[2] C’est en effet après le « non » à la constitution européenne et le Traité de Lisbonne en 2007 qu’émergent ces tentatives de regroupement.

[3] D’ailleurs, les représentants de ces mouvements sont pour la plupart des professionnels de la politique, ayant tous des mandats

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Gaza: Non à la Violence ... Appel à la PAIX !

Le Parti Humaniste International dénonce et rejette les actions militaires d'Israël en territoire palestinien et manifeste sa solidarité avec le peuple qui subit cette agression d’une violence inimaginable et la menace de violations encore plus graves.

De la même manière, le Parti Humaniste International dénonce la campagne de désinformation qui fait obstacle aux expressions de solidarité en beaucoup d’endroits dans le monde, et l'inefficacité manifeste des Nations Unies.

La décision du gouvernement d'Israël dispose du soutien explicite des États-Unis et de la complicité des pays de l'OTAN, mais aussi du désaccord de sa propre population, qui est d’ailleurs réprimé à l’intérieur même des frontières par le gouvernement de droite de Netanyahu.

La communauté internationale commence à chercher clarté et précision pour ce qui est appelé avec légèreté conflit palestino - Israélien, quand en réalité il s'agit d'une avancée territoriale d'Israël qui nie toute considération humanitaire.

Chaque fois qu’arrivent ces affrontements répétés déjà depuis 2008, et qui constamment réduisent le territoire de la Gaza et de Cisjordanie, la majorité des pays se prononcent inutilement en “faveur d'un État Palestinien et de la mise en oeuvre stricte par d'Israël des résolutions de Nations Unies, qui sont violées de manière permanente."

Il est évident qu'avec des dénonciations et des appels à la paix, absolument rien n’avance, et il faut avancer avec résolution dans la prise de positions face à la cruauté manifeste du gouvernement israélien.


Les humanistes appellent les personnes de bonne volonté, partout dans le monde, à faire pression auprès des organisations sociales, syndicales, politiques, culturelles ou de tout autre type auxquelles elles appartiennent, à développer toutes les actions nécessaires pour condamner la manière d’ agir violente du gouvernement d'Israël, à concrétiser des actions de solidarité avec le peuple palestinien, à dénoncer la manipulation médiatique, et à arrêter ce génocide.

Nous appelons aussi à réaliser des actions de résistance à l'agression israélienne, de manière créative et non-violente, qui peuvent être le rejet des produits israéliens, de leurs entreprises et les commerces présents dans différents pays, et par l’envoie de messages de rejet de cette politique aux consulats et aux ambassades d'Israël à travers le monde, avec copie à ceux qui représentent l'ONU dans chaque lieu.

Enfin, nous soulignons le courage de milliers de citoyens israéliens qui s'opposent à la guerre et agissent dans leur propre pays pour tenter de mettre fin au massacre. Il ya des groupes de mères israéliennes et palestiniennes qui travaillent pour la paix. Nous devons apporter notre soutien plein et la visibilité à travers les réseaux sociaux et les médias alternatifs.


Pour tous les êtres humains qui croient dans la paix et dans la concorde(1) entre les nations, il y a un nouveau défi et un nouveau projet: le Proche Orient dans une cohabitation pacifique.

Parti Humaniste International
(1) Union des cœurs et des volontés, qui produit la paix ; bonne entente.

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19 juin 2014

le Parti Humaniste fête ces 30 ans

Cette année, le Parti Humaniste fête ces 30 ans et il est très heureux de voir que les idées et propositions qu’il a défendues depuis sa création sont reprises par de nombreux partis de gauche[1], écologistes et autres mouvements alternatifs ainsi que par des certains penseurs de la société civile.

 Rappelons ces idées et ces propositions qui constituent les fondements du Parti Humaniste : l’être humain comme valeur centrale ; la non-discrimination ; la non-violence ; la lutte contre le capital spéculatif et enfin la démocratie directe.

 Nous percevons que l’ensemble de ces thèmes se retrouvent peu ou prou dans les différents mouvements progressistes d’aujourd’hui : les partis politiques, notamment ceux de gauche ; les divers collectifs qui ont surgi depuis la crise de 2008 (indignés, M15, Occupy Wall Street, regroupement de citoyens alternatifs comme les « Engraineurs », Anonymous, Les Désobéissants, Colibris, Villes en Transition, …), les clubs de penseurs (ATTAC, les économistes atterrés, les décroissants,..),  des personnalités comme Michel Serres, Etienne Chouard, Patrick Viveret….

 Le Parti Humaniste reconnaît, dans les diverses propositions soutenues par cette pléiade de gens ou de groupements, une aspiration commune autour des fondements précités ….

 Pourtant, quand nous constatons parfois la difficulté de l’action commune, nous nous posons la question suivante : la diversité de ces expressions (qui nous parait souhaitable car nous sommes résolument pour la diversité) n’est-elle, pas en l’état, le résultat d’une atomisation du tissu social, ce qui serait une manière de reproduire le schéma mental dominant, c’est-à-dire celui du capitalisme : le  « chacun pour soi ».

 Si tel était le cas, il serait alors intéressant et urgent que chacun s’interroge sur la cohérence entre ses idéaux et ses actions…

 Ce travail réflexif sur soi-même, sur les motivations voire sur le sens de son action politique, ainsi que la pratique de la non-violence sont précisément une autre composante essentielle du Parti Humaniste, et qui constitue son originalité..  

 Et là encore, nous sommes heureux de voir que cette approche de l’action politique est également reprise aujourd’hui par certains. Ainsi, dans une conférence donnée récemment aux Lilas, Patrick Viveret rappelait qu’il y a peu de temps encore certains pensaient qu’il fallait changer la société pour changer l’homme quand d’autres affirmaient qu’il fallait d’abord changer l’homme pour changer la société. Or, il affirme maintenant clairement que c’est un travail qui doit se mener simultanément. 

 En cela, le Parti Humaniste reste « bien plus qu’un parti ». Et ses propositions ainsi que son expérience semblent plus que jamais d’actualité.



[1] A titre d’exemple, le slogan « L’Humain d’abord » utilisé par le Front de gauche pour leur campagne présidentielle de2012 était le slogan du Parti Humaniste pour les campagnes municipales de de 2001 (cf. Wikipédia),

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