Ces élections régionales mettent en évidence ce qu’est devenu le paysage politique de la France : d’un côté, le front « républicain » gangréné par le néo-libéralisme ; de l’autre, la monstruosité représentée par le front national qui – avec ses discours élémentaires - devient une référence pour des gens que ce système a mis en situation limite.

 Comme après chaque élection, nos politiques répètent qu’ils nous ont compris. Et certains le font avec une telle force marketing qu’ils pourraient nous redonner l’envie d’y croire.

 Mais rapidement, nous nous apercevons que ces discours de façade cachent une fois de plus les ambitions personnelles de chacun,  au-delà même des ambitions de parti : se préparer à l’élection présidentielle.

 C’est bien la preuve qu’ils n’ont décidemment rien compris ou qu’ils ne veulent rien comprendre. Sont-ils cons ou salauds ?

 Quand tous disent qu’ils doivent trouver un projet pour la France, donner une vision de l’avenir aux français, que cherchent-ils finalement sinon le « nouveau produit » qu’ils vont pouvoir nous vendre !

 Avec un tel mépris et un tel cynisme aux relents de manipulation, qu’ils ne s’attendent pas à ce que la majorité des électeurs, à savoir les abstentionnistes, se ruent  aux urnes.

 Ce comportement discrédite toute tentative de faire de la politique. Et d’ailleurs, tous les mouvements porteurs de solutions voire d’une vision du futur, tous ceux qui font de la « politique véritablement autrement » refusent de collaborer à leur jeu : entrer en politique.

 Nous comprenons bien cette attitude de désertion de la politique tant que celle-ci se résume à de la politique politicienne, sur fond de démocratie formelle et moribonde.

 C’est bien par l'organisation de la base sociale en collectifs locaux autour de projets ou d'idées que le monde changera et non depuis le projet d'un homme aussi inspiré soit-il.

Toutefois, en boudant toute forme d'expression politique - par la construction, par exemple, d'un programme d'actions inspiré non seulement par la dénonciation du système mais avec une vison commune pour l'homme et pour la société, - en boudant cette expression politique, ces mouvements et collectifs ne se privent-ils pas de donner de la voix et de la force à leurs initiatives ?