La réforme du bac et la loi sur l’orientation et la réussite des étudiants suivent la même logique : elles introduisent une forme de sélection. La modification du bac introduit au niveau du lycée des spécialités qui seront ensuite nécessaires à l’entrée à l’université par le biais des prérequis exigés par la plateforme d’inscription Parcoursup.

Ces spécialités ou options ne seront-surement pas  accessibles à tous. Nous risquons de voir des lycées laisser pour compte faute de moyens et d’autres se spécialiser sur certaines options qui seront valorisées par les universités « cotées ». Cette réforme va accentuer une inégalité avec les lycéens des établissements ruraux et des périphéries des grandes villes, qui risquent de se trouver face à des options limitées au moment de leur entrée à l’université et même favoriser les lycées privés.

De plus les erreurs d’aiguillage dès la première fermeront les portes à de nombreuses formations post-bac.

La tendance affichée est d’aller vers la déréglementation, après un code du travail par entreprise on s’oriente vers un bac par établissement et la valeur de ce diplôme dépendra du lycée où on aura étudié.

La réforme du baccalauréat va donc favoriser l’autonomie des établissements qui choisiront leur « offre de formation » et qui pourront bientôt choisir eux-mêmes leurs professeurs dans le cadre d’une réforme du statut et du recrutement de ceux-ci, actuellement en préparation.

La mise en place de la plateforme de Parcousup organise l’affectation sélective des étudiants dans l’enseignement supérieur, en fonction des capacités d’accueil qui seront déterminées par les demandes en matière d’emploi.

En fait, cette réforme de l’accès aux études supérieures entérine un phénomène qui existe déjà pour de nombreuses filières. Elle généralise la sélection, toutes les filières vont devenir sélectives.

Elle accentue la course à l’élitisme, par le biais d’un marché de l’enseignement par lequel les élèves devront élaborer une stratégie de leurs parcours scolaires en vue d’un futur rendement sur le marché du travail.

C’est une philosophie d’une éducation qui doit s’adapter au « marché », d’une éducation qui doit former de « bons citoyens » et « les futurs cadres supérieurs de la compagnie » sans oublier d’arriver à former les futures élites françaises qui pourront dirigées les grands groupes économiques. Un système éducatif qui façonne un être humain compétiteur, séducteur, consommateur, triomphateur et pragmatique.

Le savoir est vu de plus en plus comme une marchandise qui doit pouvoir s’adapter au marché économique : une forme de désacralisation de la connaissance et de l’apprentissage.

Ces réformes sont très violentes pour les jeunes. Elles les enferment dans un cursus, elles leur ferment des portes. Elles leur privent du droit à l’erreur, à des tentatives. Elles nient tout simplement leur droit à être jeune.

 Nous sommes donc à dix mille lieues d’une vision d’une éducation qui met au centre l’être humain et qui favorise la recherche de la vocation de chacun.